La connerie, absolu divin

Le con absolu existe-t-il ? La connerie peut-elle prendre une valeur absolue (on suppose que comme l’ensemble des réels R, l’ensemble des cons possède un signe plus -les cons – et un signe moins -les gens intelligents… ou plus modestement, les moins cons). Le con absolu serait donc un con en valeur absolue. C’est quelqu’un comme un con parfait. Mais ça peut aussi être le con idéal (comme on dit un « gendre idéal »), hyper-pertinent, complet, exemplaire, magnifique, le maître étalon, mètre-étalon, mettre-et-talons…

Je sais, je sais, ce n’est pas facile à imaginer, comme ça à froid ! Pour y parvenir, je pense qu’il faut soi-même être un peu con. Comme normalement, nous sommes toujours le con d’un autre, ça devrait un peu faciliter…

Cependant certaines personnes ne vous identifient pas comme con. Et en général la réciproque est vraie. Fort heureusement, d’ailleurs, pour la paix dans les chaumières. Donc ce n’est que lorsque vous êtes le con de tout le monde, lorsque l’unanimité se fait sur votre nom, qu’alors là, vous devenez le « con absolu ». Un con absolu est un être rare, mais on en trouve.

Le con absolu, c’est le con parfait. Car en la matière, la perfection existe. Ce qui me permet, en passant, de rester optimiste sur son opposé, l’intelligence. En tout cas, pour ce qui me concerne et même si j’ai foi qu’elle existe, la perfection, je ne l’ai jamais rencontrée… Je me suis toujours dit qu’il y avait comme un manque, quelque chose à combler, ce petit rien qui fait la différence.

L’absolu, c’est Dieu. Et en principe, il n’est pas con ! Mais justement, le con absolu serait un con d’extraction divine. Car finalement, si la connerie est éternelle, c’est bien grâce/à cause de Dieu, non ? Ceci dit le premier con de l’histoire de l’humanité fut bien une conne :  Eve a commis la toute première connerie.

Je vous livre cette petite citation de Spinoza : « La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection… » Si vous remplacez « perfection » par connerie, vous avez alors un con joyeux cherchant à se perfectionner sans cesse. Ce qui pourrait faire une excellente définition du con absolu.

Quelle est la forme la plus aboutie de la connerie ? Sinon celle du con qui sait qu’il est con, mais qui pense que ce n’est pas une raison pour qu’il la ferme, et qui veut, en l’ouvrant, cacher le fait qu’il est con. Et pour cela, il parodie la connerie des autres. Tel est le véritable péché contre l’esprit, dont le Christ nous parle dans les Evangiles. Pour nous dire qu’il ne sera pas pardonné, que c’est le seul péché qui ne le sera pas !

La connerie n’est appréhendable qu’à travers notre subjectivité relative. Tandis que le con absolu serait une notion objective. Vous pouvez en dire : « c’est un con parfait » plutôt que « pour ma part… à mon avis… etc ».

Aucun moyen scientifique ne permet cependant de le prouver. Et ce qu’on appelle la connerie, doit rester un mystère. Soit dix personnes parfaitement intelligentes (sur la base d’un test de QI par exemple, c’est objectif et béton, ça ?); vous les regroupez et ça vous fait une réunion de conseil d’administration, de club de boules, de groupe de parole d’alcooliques, etc. Très rapidement, vous allez voir apparaître deux cons. Retirez-les de votre groupe. Reste alors huit personnes brillantes, intelligentes, aimables et tout. Mais pas de chance, au bout d’un moment vous découvrez encore deux autres cons. Retirez-les du groupe, etc. Ce petit jeu ne prouve qu’une chose : que la connerie est toute relative. Et notre subjectivité aussi. Mais à la fin, vous avez éliminé tout le monde du groupe. Il n’en reste plus qu’un : le con absolu !  J’espère juste que ce ne soit pas VOUS !

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