Crise de la démocratie en Europe

Au petit jeu de la « patate chaude » entre la Commission européenne, les banquiers-créanciers ou le gouvernement grec, qui va gagner ?

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Personne aujourd’hui en Europe ne veut passer pour un sale con. Même si dans l’esprit de beaucoup d’observateurs de la situation, dont ma pomme, leur coeur ne balance plus depuis longtemps.

Qui sont ces banquiers prêteurs qui exigent des réformes structurelles ? Certes, un banquier cherche toujours à se nantir lorsqu’il prête. Un assureur à s’assurer lui-même. Rien de plus légitime. Mais si je vous prête de l’argent pour que vous puissiez vous achetez une voiture, je ne vais pas exiger de vous qu’elle ne dépasse pas le 30 kms/heure. C’est pourtant bien ce type de conditions léonines (réformes fiscale, du marché du travail, du paiement des retraites, etc) que voudraient imposer les créanciers de la Grèce à leur client.

Et à qui prêtent-ils ? Non aux gouvernants grecs d’il y a quinze ans qui ont mis leur pays en faillite en demandant son intégration à la zone euro – pour leur propre bénéfice. Non aux patrons qui ont pratiqué l’évasion fiscale ou la prévarication à grande échelle et ouvert des comptes en Suisse ou au Luxembourg (Gutentag, herr Juncker!) auprès d’autres banquiers pour y cacher l’objet de leur vol organisé. Non à tous ceux qui ont profité de l’argent pas cher pendant des années pour se faire construire un petit cabanon. Ils prêtent à un gouvernement qui a été démocratiquement élu et a pris le pouvoir d’une économie en redressement judiciaire. Sans qu’aucune liquidation puisse pour autant être envisagée puisqu’il s’agit d’un Etat souverain.

Les sacrifices demandés par la Commission européenne et les créanciers de la Grèce réduisaient ce pays à la pauvreté pour plusieurs années, lors du premier tour de négociations, il y a trois ans déjà. Les sacrifices exigés aujourd’hui repoussent l’horizon de sortie de crise à plus loin encore. Si l’Europe des riches voulaient qu’une Europe des pauvres désespère, elle n’agirait pas autrement.

Le référendum pose une question simple aux Grecs: oui ou non, voulez-vous rester dans l’euro(pe). Mais la vraie question que pose cette crise (et ceci depuis son origine) est posée à l’Europe entière et en tout premier lieu aux Allemands: voulez vous d’une Europe solidaire ou d’une Europe individualiste, faite par des mercantis pour des mercantis, une Europe des égoïsmes nationaux ou/et catégoriels ? Sur cette deuxième question aujourd’hui peu de citoyens ou de canards européens se prononcent.

Le Conotron dit NON à l’Europe des marchands et des banquiers.

Si finalement l’euro s’effondre la semaine prochaine ou dans six mois, ce ne sera pas la faute des Grecs, mais bien plutôt celle de cette nomenklatura européenne et de ses affidés nationaux. La réponse apportée aura été : non à la solidarité, non à la générosité, dehors les Grecs !