Le travail n’est pas le bonheur

 charlot

« des p’tits trous, des p’tits trous,
toujours des p’tits trous
y’a d’quoi prendre un flingue
d’quoi s’faire un trou, un dernier p’tit trou
et on m’mettra dans un grand trou »
Serge Gainsbourg – Le poinconneur des Lilas

 

 

Le travail est (toujours) une souffrance. Tout simplement parce que l’homme au travail n’est pas créateur de lui-même. Et qu’il ne l’a JAMAIS été, contrairement à ce que des esprits rétrogrades et chagrins voudraient nous faire croire. Pas plus les artisans d’hier que les ouvriers d’aujourd’hui ne prennent leur pied dans le travail.

Le bonheur n’est pas – et n’a jamais été – au travail. Même lorsque le travail s’appelait encore labeur. Sauf peut-être pour quelques parpaillots ou masochistes persuadés de faire ainsi leur salut devant l’Eternel.

La réalisation-de-soi, qui devrait être le but de tout honnête homme et humaniste, passe par une activité qui n’est plus le travail, mais qui se mène sur le temps libéré du loisir, de l’otium (origine étymologique du mot: oisiveté). Mon objectif est désormais de me libérer, à pouvoir d’achat constant, le maximum de temps.

Le problème des 35 heures est que cette politique a permis une réduction des horaires qui n’a concernée que quelques salariés privilégiés, les fonctionnaires pour faire simple, tout en excluant toutes sortes de catégories aux horaires ingérables: les agriculteurs, les petits artisans, les infirmières, les médecins, etc

Le travail ne rend pas heureux. Je le sais depuis très longtemps. Encore me suis-je découvert récemment totalement prolétarisé. A peine plus chanceux que d’autres, car plus musclé du bulbe que d’autres, mais à peine moins dans la débine et la dépendance à l’égard de mon banquier.

Le travail n’est pas une de mes valeurs. Il n’est pas une composante de ma Weltanschauung… Non, certainement pas. Pas plus le travail que l’argent, d’ailleurs. Le travail a été la valeur morale de tous les régimes fascisants. Il n’est plus aujourd’hui qu’une valeur économique, le libéralisme n’étant que l’ultime avatar du fascisme.

Lorsque j’étais étudiant et que je travaillais pour me payer mes vacances (voyage-voyage) je faisais à chaque fois de grandes expériences sociales: je savais que si j’allais à la fac, c’était pour ne pas aller à l’usine. « Dans la vie, il y a ceux qui mettent et ceux qui se font mettre » m’a même dit un jour le patron du restaurant où je travaillais pour un été.

Au jour de la paie, j’ai bien vu de quel côté je me situais.