98%

Bien sûr, l’orage n’a pas fini de passer et l’on n’a pas encore pris toute la mesure des dégâts qu’il est en train de faire. On ne connaît l’ampleur d’une catastrophe  qu’à la fin de l’histoire, le « jour d’après » qui ne sera pas le même de le « jour d’avant », comme nous l’a dit notre bon maître en lapalissades. Mais d’ici ce jour bénit, la boîte à fantasmes est grande ouverte. Alors, le Conotron se lâche aussi…

Amis complotistes, est-ce que vous avez vu des morts en surnombre, vous ? Des indices, des signes extérieurs, quelques évidences qui prouveraient que ce virus fait autant de massacres que BFM-tv veut bien nous le faire croire ? Est-ce un début d’invasion des reptiliens, des petits-gris, de qui sais-je encore ?

Ou n’est-ce pas plutôt un simple coup d’Etat ? Parce que si c’était le cas, nos dirigeants – occultes ou non – ne s’y seraient pas pris autrement : suspension de la liberté de circuler, suspension des élections et du droit de s’exprimer, confinement intégral et à la fin, hop! coup de filet général, chez eux parce qu’ils sont trop couillons et qu’ils ont obéit à leur médecin, de tous les opposants, intellectuels et forts en gueule. N’assiste-t-on pas à un coup de chaud, une montée en température soudaine, pour faire cuire un peu plus la grenouille ?

Plus simplement, ne croyez-vous pas que nous serions en train de sur-réagir ? Est-ce qu’il n’en fait pas un peu trop, notre monsieur, en son palais ? Et si les gens veulent se réunir dans les parcs ou faire leur jogging habituel, pourquoi les sanctionner et leur envoyer les gendarmes ? S’ils ont besoin de se rencontrer et parler d’autre chose que le tuut pour évacuer tout ce stress qu’il (le monsieur) nous balance à la gueule en direct…

La guerre (répété six fois) monsieur Macron ? Mais qu’est-ce que vous en connaissez ! Ca va surtout être la misère pour mon bistrotier, mon petit garagiste, mon marchand de légumes sur le marché et tous les gens que mon argent fait vivre. Possiblement pour moi aussi, parce que de ces temps-ci, la parole de l’Etat et assimilés (mon employeur) elle ne vaut pas tripette. Et sa solvabilité, pareil. A trop freiner l’activité, vous allez faire tomber toute la machine économique en panne.

C’est à la prochaine étape, en phase 4, que le gouvernement imprime des tickets de rationnement. Nous serons tous punis parce que quelques crétins se sont précipités sur les pâtes et le sucre. Certains rayons de mon supermarché habituel sont déjà vides. Et j’ai remarqué que l’effectif (discret mais bien là) des vigiles ont doublé, à la porte et aux caisses. Mon épicier aurait-il la trouille d’un pillage ? La France va-t-elle rejoindre le Venezuela au club des pays en déconfiture ?

Comparaison des horizons politiques : sur un tout autre sujet, j’ai le sentiment que le réchauffement climatique que nous avons déclenché par notre boulimie de béton, de voitures et d’énergie, constitue la crise majeure actuelle. Et que celle-ci tue d’ores et déjà bien plus que le machin-virus qui nous affecte momentanément. Mais pourquoi dans le premier cas ne se passe-t-il rien ou quasiment politiquement ? Alors que dans le second, on sort de suite le casque lourd et les chaussettes à clous, qu’on ferme les frontières et qu’on restreint la liberté d’aller et venir ? Ne serait-ce pas tout simplement parce que l’horizon du court terme est connu et géré par nos politiciens. Tandis que sur le long terme, à horizon d’une génération, c’est à dire bien au-delà de la durée de leur mandat d’élu, il n’y a plus personne.

Il serait temps de ramener les choses à leurs justes proportions. Cette bête crise est avant tout un problème d’infrastructures hospitalières. Il n’y a pas suffisamment de lits avec assistance respiratoire, en France, en Italie et ailleurs. Pas assez pour le nombre de patients attendus. Alors, monsieur le président, regrettez-vous aujourd’hui d’avoir réduit drastiquement les budgets de l’hôpital public ? Des excuses en direct, peut-être ? Nenni, reconnaître ses erreurs de gestion ne fait pas partie du référentiel de Jupiter.

Toujours pour dégonfler les ballons, rappelons un seul chiffre : 98% des malades infectés survivent. Dis autrement pour ceux qui ne voient que la bouteille à moitié vide, cette maladie ne tue aujourd’hui que 2% des personnes qu’elle contamine. C’est un chiffre de mortalité instantanée qui reste à confirmer par une analyse post-crise. C’est plus qu’une épidémie de grippe hivernale ou que quelques pneumonies. Mais on est encore loin de l’hécatombe d’une peste au Moyen-Age.