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Ce que vaut mon temps…

Sur l’année 2019, l’économie française a produit 1,8% de richesses supplémentaires. La croissance économique dont on parle est une notion comptable, mesurée par l’INSEE qui cumule la somme des valeurs ajoutées produites, pour obtenir un Produit National Brut.

Toute Production est une association du Capital et du Travail améliorée par les évolutions de la technologie (P = C + T + innovation technique). Si nous vivions dans une société juste et équitable (quel doux rêveur !), cette richesse produite serait répartie à parts égales entre actionnaires, càd les détenteurs du Capital, et les salariés, càd les apporteurs de Travail et/ou de matière grise. Plus un chouia pour payer les inventeurs et leurs brevets.

Je demande donc au gouvernement, rien que pour 2019, une augmentation de mon salaire de : 0,9% . Soit la moitié du taux de croissance annuel, les autres 0,9% supplémentaires allant au système financier.

Et que me répond-t-il, ce con de gouvernement néolibéral ? « Tu travailleras plus longtemps, tout en cotisant plus pour ta retraite. Et en touchant moins une fois parti, parce que tu auras atteint l’obsolescence ».

Qu’il s’agisse  du temps de travail hebdomadaire (les 35 heures) annuel (5 semaines de cong-paye) ou sur la durée d’une vie (départ à 62 ans) il s’agit toujours de la même arnaque gouvernementale. Le patron veut que vous travailliez plus longtemps, en vous payant moins. Tandis que vous, vous voudriez travailler moins longtemps, tout en gagnant plus.

Pourquoi vous faites vous toujours arnaquer ? Parce que le gouvernement est cul et chemise avec les patrons, pas avec vous. Même si vous représentez le plus grand nombre. Même si vous descendez dans la rue pour une promenade de santé. Même si vous faites grève et restez couché ce jour-là. Un coup de vote bloqué (article 44) ou de motion de défiance (article 49-3) et le gouvernement fait passer la loi sur les retraites, quand il veut et comme ça l’arrange.

Pour enfoncer encore un peu plus le clou, dans le même registre, il y a une autre entubage qui traîne depuis des années : celui sur les gains de productivité.

Grâce à la robotique et à l’informatique (j’y ai contribué, je connais le sujet) les salariés produisent plus, tout en étant moins nombreux, dans le même temps de travail.  Afin de ne léser personne (toujours cette stupide idée d’une société juste et équitable) la première option pourrait être de réduire le temps de travail de tous les salariés de l’entreprise, ceux dont la productivité a augmenté. Le patron le fait-il ? Non point. Que fait-il à la place ? Il licencie les salariés obsolètes. Et si le patron fait des économies sur la masse salariale en évinçant ses collaborateurs inutiles, où va l’argent ? Sur votre bulletin de paie, à vous, de survivant à la guerre économique ? Non point.

Les gains de productivité vont dans la poche des actionnaires, donc du patron. Celà depuis très longtemps. Et depuis très longtemps, à l’échelle d’une vie de salarié, le temps de ce travail de plus en plus intensif et productif est rallongé, rallongé.

Je m’adresse à vous, M. Macron… Vous ne le voyez pas, le mur, là… devant vous. Vous ne voyez pas que toutes vos arnaques néolibérales aboutiront à faire élire Mme Le Pen ? Mais si, bien sûr. Je sais que vous le voyiez, vous avez même été élu grâce à ce mur du çon. En jouant sur la peur du loup, encore une fois. Mais tant que vous et vos amis pourrez continuer à tirer sur la ficelle, à vous goinfrez de bon gros pognak, vous le ferez ! En toute impunité.

Ami lecteur, souviens toi : Macron au grattage, Le Pen au tirage.