Cessez de débiner la justice : Nicolas Sarkozy est coupable .|
Tout d’abord, les faits établis par les juges de l’instruction :
Un fou furieux* libyen, Abdallah Senoussi, chef des services secrets de la révolution libyenne et beau-frére de Mouhamad Kadhafi, est reconnu coupable d’avoir abattu en vol le DC-10 français d’UTA, le 19 septembre 1989, au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, faisant 170 morts dont 54 Français. Absallah Senoussi est condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises spéciale de Paris, en 1999.
Un pacte de corruption est scellé en 2005 entre Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, en quête de financement pour sa campagne à l’élection présidentielle de 2007, et le régime de Mouammar Kadhafi qui souhaite la réhabilitation judiciaire de l’instigateur de l’attentat, Abdallah Senoussi.

Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux Collectivités territoriales, et Claude Guéant, à l’époque directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, ont rencontré Senoussi en 2005, à Tripoli, en présence de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Anomalies : la rencontre se déroule sans interprète ni officier de sécurité, l’ambassadeur de France n’est pas prévenu de la visite ministérielle.
Visé par un mandat d’arrêt international délivré par l’autorité judiciaire française, à la suite de sa condamnation pour l’attentat du DC 10, Abdallah Senoussi dirigeait les services secrets militaires de la Libye et constituait un poids lourd du régime libyen. Deux avocats français se sont à la même époque rendus en Libye, dès novembre 2005, en vue d’élaborer avec un avocat local un plan d’action judiciaire poussé visant à obtenir la levée du mandat d’arrêt pesant sur Senoussi, prélude à la mise à néant de sa condamnation par contumace, en France.
En 2012, Abdallah Senoussi déclare avoir personnellement supervisé des transferts d’espèces pour la campagne de Nicolas Sarkozy, à hauteur de 5 millions d’euros, par l’intermédiaire de Claude Guéant et de Ziad Takieddine.
Le mandat d’arrêt visant Abdallah Senoussi n’a jamais été levé, pas plus que sa condamnation n’a été annulée. Ce qui donnerait à penser que le pacte de corruption n’a jamais existé et que sa preuve n’a pas pu être rapportée. Mais c’est faux ; la justice française considère qu’un pacte a bien été scellé et des fonds versés à la campagne de Nicolas Sarkozy, même si ce pacte n’a pas pu aboutir en totalité. Le Parquet national financier considère, dans une jurisprudence constante, que le délit de corruption n’a pas besoin de résultat pour être « consommé ».
Il est reproché à MM. Sarkozy, Guéant et Hortefeux un délit d’association de malfaiteurs en vue de la réhabilitation judiciaire d’Abdallah Senoussi.
M. Senoussi est aujourd’hui emprisonné en Libye depuis la chute du régime de Kadhafi, en 2011, et visé par une enquête de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, à la suite de la répression sanglante* menée contre les opposants au régime.
Il est indécent que celles/ceux qui précédemment souhaitaient une justice ferme contre la « racaille » des banlieues (et qui ont voté des lois pour l’exécution immédiate de la sanction) soudain, parce qu’ils sont eux mêmes victimes de cette fermeté et rigueur judiciaire, crient à l’injustice comme des gorets qu’on égorge.
Les ambitions personnelles d’un seul homme politique, Nicolas Sarkozy, ont primées toutes ces années sur la révélation de la vérité. Jusqu’aujourd’hui et à sa condamnation, en proportion de son affairisme et de son hypocrisie. Lorsque l’on veut dîner avec le diable – et Abdallah Senoussi y ressemble beaucoup – on se munit d’une cuillère télescopique. Sous peine de se brûler ses lèvres.
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*Abdallah Senoussi fut le chef des services secrets extérieurs, beau-frère et homme de confiance de Mouammar Kadhafi. On lui attribue le massacre, après une mutinerie, de 1 270 détenus de la prison d’Abou-Salim, en 1996 ; l’envoi de commandos à l’étranger pour éliminer des opposants, l’explosion, le 10 mars 1984, d’un premier avion français, un DC-8 d’UTA, sur le tarmac de N’Djamena, au Tchad, qui n’avait heureusement pas encore décollé (23 blessés). On lui doit aussi l’attentat à la bombe, en 1986, à La Belle, une discothèque de Berlin-Ouest où les GI avaient leurs habitudes (trois morts, 260 blessés). Et surtout, l’attentat de Lockerbie, l’explosion en vol d’un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de la petite ville écossaise, 270 morts, le 21 décembre 1988.
Voici ce que craignent tous les dictateurs de la planète. C’est pourquoi ils veulent pouvoir sauter dans un avion pour venir se réfugier à Genève, à Londres ou à Paris en bénéficiant d’une totale immunité judiciaire.