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Nos poubelles seraient-elles devenues un problème politique ? Parlons poubelles !

Il n’est pas nécessaire de s’enfoncer dans les coins reculés de nos pampas franchouillardes (appelées gentiment « les territoires » par les bobos parigots têtes de veau) pour découvrir que la problématique des ordures ménagères et de la fin du ramassage de celles-ci à la porte, pose problème, génère du ressentiment et donc du vote rassemblement national.  Cela se passe aussi dans certaines métropoles dont la mienne en régi… pardon territoire Centre-Val de Loire.

Avec quelques nuances cependant… Dans nos campagnes, les communautés de communes et autres syndicats intercommunaux, instances longtemps non élues au suffrage direct et à la représentativité douteuse, ont décidé de ne plus ramasser les poubelles à la porte, mais sur des points de collecte. C’est-à-dire des bacs collectifs de tri, un par type d’ordures, répartis sur leur territoire, donc loin de chez vous et auxquels vous n’accédez qu’en voiture. Certains sont munis de système de pesée du sac déposé et accessibles seulement avec une carte d’abonné distribuée par l’intercommunalité. L’idée est de contrôler (et de contingenter) votre production de déchets. Tout en excluant les électeurs des autres intercommunalités. Ces bacs sont parfois appelés points d’apport volontaire PAV ce qui en novlangue signifie obligatoire PAO. L’argument des élus, brillants promoteurs de ces systèmes : le coût de la collecte en camion benne sur des distances étendues explose à cause du prix des carburants.

En ville, des points d’apport obligatoire ont aussi été créés, souvent d’ailleurs dans des formats exploitables par un seul type de camion-benne d’une société avec laquelle la municipalité est pieds et poings liés pour des années. Mais en ville ces point d’apport sont géographiquement proches des particuliers. Et lorsqu’il n’y a pas une benne à proximité vous êtes censé prendre la voiture et porter vos merdes à la déchèterie. Bien qu’ici encore l’élu cherche à faire porter le coût de la collecte sur le particulier, ce coût est moindre qu’en brousse pour celui qui dépose son pochon au PAV-PAO ou en déchèterie. Mais j’imagine bien que l’ambition est la même : supprimer prochainement la collecte à la porte.

Mais merde, quoi ! Comment font les personnes qui n’ont pas de voiture ? Ou celles qui ont une voiture mais qui comptent leurs sous ? Ou leurs pas, comme les personnes âgées ? Et les handicapés ? Les mêmes élus de nos pampas savent bien d’ailleurs que les PAV-PAO sont détournés, les sacs poubelles déposés à côté des bacs, jetés sauvagement en pleine nature à l’entrée d’un chemin, ou subrepticement incinérés au fond d’une cour. Qui s’étonne de voir des PCV PCO exploser ou brûler ? Les nuisances et les incivilités se multiplient. Et comme les Français sont rusés ils n’oublient pas d’enlever les enveloppes à leurs noms, factures, documents bancaires, etc de leurs sacs poubelles.

D’où ce premier constat : les points de collecte, ça ne marche pas. Les électeurs veulent une collecte à la porte, en camion benne, avec des personnels avenants.

Parlons tri à présent. Le tri est devenu comme une nouvelle religion pour certains élus. Le tri est bien sûr nécessaire si l’on veut valoriser, c’est-à-dire revendre les cannettes d’aluminium et le verre à un industriel recycleur. Et tout dans nos poubelles est valorisables : entre terreau, engrais vert, bouffe aux gorets, asticots pour les pêcheurs, métaux et ferrailles, plastiques à recycler en polaires, ou papier en papier, ou chiffons en papier, absolument tout est va-lo-ri-sa-ble.

Petite incise : dans tout système d’information, l’ingénieur a fait en sorte de rapprocher l’utilisateur des données qu’il connaît le mieux, comme son adresse postale ou son numéro de téléphone (super valorisable aussi ce truc-là !). C’est donc l’utilisateur du système qui saisit et met à jour le fichier clients. Ca s’appelle de la saisie déportée. C’est techniquement rendu possible par internet et à coût zéro, pour l’utilisateur et le propriétaire du système, en un temps ridiculement court. Ca ne marche que pour ces deux raisons : temps court et coût zéro.

Donc je reprends, le tri… Okay, c’est nécessaire. Mais la question qui vient maintenant, c’est qui doit trier ? Aujourd’hui nos élus voudraient faire faire le tri par leurs concitoyens, vous et moi. Il n’y a que deux bacs (les plastiques et l’alu / les épluchures, os de poulet et tout le moisi) en apparence aujourd’hui. Mais en fait : il y a aussi un bac pour les piles ou mercure, un bac pour les piles sèches, un bac pour les bouchons plastique, un bac pour les cartons, un bac pour les fringues, bien sûr un bac à verre, etc.

Mais qui supporte la charge de ce tri ? En temps passé, en déplacements, en essence, donc en coût ? Vous et moi. Et comme on est dans une démarche à horizon quasi-infini, ce n’est pas à deux ou sept ou quinze (comme dans certaines communes au Japon) que l’on va s’arrêter. On peut trier les différents types de plastique, les différents types de métaux, ferreux et non ferreux, le papier imprimé, le carton simple ou multicouches, etc.

Le principe est aujourd’hui de déporter le tri sur le consommateur, principalement sur un argument de coût, mais ça ne marche pas. C’était mon deuxième constat intermédiaire.

Troisième constat : nous autre électeurs regardons passer les balles.

Le problème de nos poubelles est qu’aujourd’hui, entre l’industriel initiateur du déchet, le particulier consommateur et producteur du déchet, l’élu politique collecteur-trieur et l’industriel valorisateur recycleur, personne ne paie le vrai prix de sa merde, tout le monde se renvoie la balle et voudrait faire porter le chapeau à l’autre. Lorsqu’entre temps certains espèrent faire du pognon avec cette merde. Et ils y arrivent bien souvent…

Parce qu’il faut bien le dire, nos élus sont un peu bêtas… Il n’y a rien à attendre d’eux. Pas même ceux du Rassemblement national. Voter pour ces crétins comme les autres n’aura aucun impact sur vos poubelles : ils ne rétabliront pas les tournées devant votre porte et continueront de valoriser vos merdes à leur profit. Parce que tout ce qu’ils veulent c’est une place au soleil., celui qui chauffe les couilles de l’UMPS depuis des lustres.

Et  alors, si on arrêtait tous de déconner ? Après ces trois constats, voici quelques idées simples /simplistes.

C’est un problème de coût ? Mettons tout sur la table.

Vous payez comme moi une taxe d’enlèvement, qui est assise sur la valeur locative (donc plus ou moins votre niveau de revenus) de votre maison. Si le coût de la collecte par camion benne à ma porte augmente, la taxe d’enlèvement aussi. Simple, non ? Et on arrête de vouloir punir ses concitoyens avec des systèmes à carte de fidélité et des pesées, ou autre flicage/ contrainte. Si certaines municipalités le veulent/ peuvent elles subventionnent l’essence de ces bennes hors taxe d’enlèvement, libres à elle. Et si en ville, où les tournées des bennes sont plus courtes qu’en brousse, pourquoi le législateur national ne mettreait-il pas en place un système de péréquation entre ville et campagne ?

Le tri n’a pas à être supporté par le clampin. Que les intercommunalités l’assument et qu’elles créent de l’emploi intercommunal. Ou qu’elles sous-traitent en verrouillant le cahier des charges du sous traitant pour que celui-ci recrute. Ce n’est pas un boulot très gratifiant intellectuellement mais ce n’est pas la ressource humaine qui manque, surtout dans nos campagnes économiquement à la ramasse.

Lorsque les élus revendent les déchets qu’ils collectent et qu’ils trient, le bénéfice de la vente va au système de la collecte : essence pour la benne et ce genre de choses. Parce qu’il faudrait quand même ne pas l’oublier : tout ce qui est va-lo-ri-sa-ble, est va-lo-ri-sé. Par ici, les pépétes. Ca n’est peut-être pas non plus énorme comme bénéfice, mais aux élus à négocier le bout de gras, plutôt que de se laisser tondre la laine sur le dos par Véolia et d’autres sociétés de racket institutionnalisé.

Le cas particulier du verre est symptomatique de l’impasse dans laquelle le système du tri nous a plongé. Plus personne, ni le recycleur, ni l’élu, n’a intérêt aujourd’hui à ce que le verre consigné se (re)développe. Car il fut pratiqué pour les bouteilles de Castelpif (du vin rouge !)  ou de lait, jusque dans les années soixante-dix. De sorte qu’aujourd’hui, vous et moi, donnons notre verre usagé gratuitement à nos élus, qui ensuite le revendent. Et devinez quoi, lorsque j’ai le choix entre une huile d’olive en bouteille plastique, et une huile de qualité équivalente, plus chère, en bouteille de verre, laquelle je choisis ? La plus chère, bien sûr : celle avec un bonus pour mon élu. Nan, j’déconne… Si une loi rendant la consigne du verre obligatoire ne sort pas très bientôt, toutes les tentatives volontaires sont vouées à l’échec.

J’en arrive à ma dernière proposition qui tue. La seule tonne de déchets qui soit réellement durable et écoresponsable, c’est la tonne de déchets que vous n’avez pas produite De mon côté, parce que j’ai la chance d’avoir un jardin et des poules avec, je composte tout et mes poules grattent mes épluchures. Je ne me sers déjà plus de la poubelle des ordures ménagères. En revanche, celle des plastiques et autres matériaux, quelle plaie ! Pour mes fruits et légumes je vais au marché avec mon panier d’osier où ma marchande déverse tout en vrac. Plutôt que d’acheter de la salade ou des tomates sous cellophane en grande surface. Ma tranche de jambon et mon filet de saumon, je les achète sous papier. Il me reste les boîtes de conserve, les sachets (surtout pas de dosettes !) pour le café, le carton+alu des packs de lait et la boîte en carton pour les pâtes ou le riz. Pour le vin et mes bières, j’enrichis mon élu. Mais vivement que tout ce bon verre soit consigné ! Pour que mes petits enfants puissent se faire de l’argent de poche avec !