L'affaire Méry de Paris

Extraits de la cassette, suivi d’une galerie de portraits de l’affaire, d’une chronologie ainsi que d’un glossaire.

« Je tiens à le dire pour que, si cette bande, un jour, est utilisée, les choses soient claires, une fois pour toutes… »

« En 1985, l’immobilier au sein du RPR est représenté par une petite cellule qu’on appelle la « section professionnelle des agents immobiliers ». Cette section professionnelle, j’en suis le président depuis trois ans. Je l’ai prise avec 200 membres, je l’ai portée à plus de 700 membres inscrits et 1200 sympathisants complémentaires.

Il apparaît très vite que nos propositions sont d’un ordre extrêmement classique, n’amènent rien politiquement et je me mets en tête de former un groupe d’études et de recherches capable de faire des propositions plus sensées, plus solides, plus construites et puis de sortir, je dirais, du ras-des-paquerettes classique de l’agent immobilier.

Je propose donc à M. Bernard Pons secrétaire général, à l’époque, du RPR de constituer une conférence permanente du RPR sur l’habitat. Je vous passe sur les détails d’entente et mésentente avec Jean Tiberi, parce que Tiberi se prenait pour le seul maître à penser du RPR au logement. Bon, passons là-dessus. On crée cette conférence permanente du RPR sur l’habitat qui, très vite, s’avère un interlocuteur quasiment indispensable aux élus. D’abord parce que je regroupe à l’intérieur non seulement des professionnels de toutes les catégories du bâtiment, promoteurs, constructeurs, entreprises, spécialistes de la gestion, architectes.

Un homme, entre autres, nous rejoint qui va devenir un ami par la suite, qui s’appelle Georges Pérol. Je ne le citerai qu’une ou deux fois dans ma bande, simplement parce que Georges Pérol, en dehors de m’avoir toujours accueilli chez lui avec un grand sourire (quand je parle de « chez lui », je dis aussi bien au sein de l’OPAC de la Ville de Paris qu’en province), ne s’est jamais mêlé ni des décisions ni des transactions économiques ou commerciales. Je tiens à le dire pour que, si cette bande, un jour, est utilisée, les choses soient claires, une fois pour toutes. Mais je vais rencontrer Georges Pérol et ça va être très important.

Très rapidement convoqué par Bernard Pons, on me demande si je peux me préoccuper auprès des entreprises [de] collecter quelques fonds pour les campagnes politiques à venir. La raison en est simple : on part du principe qu’à l’heure actuelle je parle de 1985, n’est-ce pas, le « retour » global, par exemple, des HLM de la Ville de Paris [.], par le biais des entreprises, est de l’ordre de 300 000 francs. C’est quasi intégralement Bouygues qui le fait, et il le fait sous forme de gardiennages divers et variés. Or la plupart des entreprises, Bouygues entre autres, font un chiffre annuel qui dépasse 200 millions de francs ! Fort de cette expérience, je commence à étudier de très près, grâce à l’intervention d’amis auprès de différents directeurs d’entreprises que je ne connaissais pas, leur chiffre d’affaires, ce qu’ils faisaient réellement au sein de l’OPAC, et je découvre que l’OPAC a en fait trois types de marchés annuels. Je parle de marchés, je parle de gros marchés ; je laisse de côté tout ce qui peut être traité en direct, parce qu’inférieur à 300 000 francs ou à 200 000 francs.

Ces trois types sont : la construction neuve (c’est un service spécifique de l’OPAC); la réhabilitation (c’est un service qui marche avec ce que nous appelons d’une manière générale les Palulos, qui sont en fait des subventions données par le conseil régional, plus des financements accordés par la Ville); et enfin, tout ce qui est l’entretien et l’exploitation.

L’ensemble de ces marchés représente : pour le neuf, bon an mal an, entre 600 et 800 millions de francs le marché ; pour la réhabilitation, entre 400 et 600 millions de francs le marché ; et pour l’exploitation, en dehors des gros marchés qui ne vont apparaître que quelques années plus tard, de l’ordre de 400 à 600 millions de francs le marché.

Donc, on dépasse le milliard 400 ­millions de francs de marchés en général. Et là-dessus, évidemment, très peu de « retours » si ce n’est peut-être des retours individuels, mais ça, ne rentrons pas là-dedans, ça ne nous a pas intéressés.

C’est alors que M. Pérol me présente à M. Roussin. A cette époque-là, en 1985 toujours, M. Roussin était conseiller au cabinet de Jacques Chirac.

M. Roussin a suivi un parcours un peu particulier : c’est vrai qu’il a été aux Renseignements, c’est vrai qu’il a été conseiller auprès du président de la Compagnie générale des eaux et c’est vrai qu’il est revenu au cabinet de Chirac. [.] Mais c’est vrai aussi que c’est un homme qui me connaît. Plus exactement, qui connaît bien mon père, car mon père était maire de Montbazon, et en tant que maire de Montbazon et président du syndicat intercommunal, il avait attribué le marché du traitement de l’eau de son canton à la Compagnie générale des eaux, et c’est Michel Roussin qui était allé lui demander. Pourquoi ? Michel Roussin est né au Maroc, mon père était du Maroc,­ etc., etc. Liens, je dirais, amicaux, mais sans plus. [.]

Tout ceci fait que je ne me présente pas devant Roussin nu. Je suis présenté par Georges Pérol, qui est un homme qui a toute la confiance de Jacques Chirac ; je viens du Maroc, je suis le fils de mon père ; les choses sont plus faciles pour s’exprimer avec une certaine franchise. Et là, Michel Roussin me rappelle ce que je sais depuis le début, à savoir qu’il n’y a pas de « retour » de la part des entreprises, qu’il y a de gros besoins, qu’on est dans l’opposition, qu’il nous faut absolument parvenir à quelque chose pour les prochaines campagnes qui vont arriver, et on me demande de faire mon maximum pour trouver une organisation capable de tirer des bénéfices. Je vous le dis tout de suite, on va passer de 300 000 francs par an à plus de 35 à 40­millions de francs, en liquide, en direct ou en emplois privés, tous les ans, pendant plus de sept ans, sous ma coupe.

Vous voyez déjà la différence de gestion, avec, quand même, un problème majeur, c’était qu’on n’était pas là pour faire de la taxation d’entreprises comme le faisait le Parti communiste [français] avec ses différentes organisations. A tout le moins, on voulait se donner une image. Donc, on me demande d’essayer de monter, de constituer quelque chose de plus intelligent ou de plus fin, ou de plus rationnel. Alors, nous partons d’un principe : d’abord, c’est que nous ne demanderions d’aide que dans la mesure où les marchés seraient obtenus, et nous aurions prévu cette aide très en amont des marchés, pour que les entreprises ne prétendent pas que l’on faisait de la taxation a posteriori.

Ensuite, sans mêler M. Pérol à ces décisions, je me ferai, moi, l’élément de négociations interentreprises pour calmer les uns, accélérer les autres. C’est vrai qu’on pourrait parler d’entente entre les entreprises. Ça n’est pas vraiment ça, car les entreprises vont se battre quand même très sérieusement et nous allons veiller attentivement à ce que la plupart des propositions faites par les entreprises correspondent à des prix de marché. Oui, enfin, je n’en fais pas trop là-dessus, parce que, parfois, nous avons lâché la bride quand ça nous intéressait. mais, disons, à des prix de marché. La meilleure preuve, c’est qu’aujourd’hui, après des mois d’enquête, que ce soit par la DNEF [direction nationale des enquêtes fiscales] ou par le juge d’instruction, je peux vous dire que personne ne conteste le fait que la plupart des entreprises qui ont obtenu un marché ont été, de loin, les moins-disantes et que, très souvent, les marchés ont été traités à prix fixés, plafonds, par l’OPAC d’HLM.

Donc, de ce côté-là, on est à peu près corrects, mais c’est vrai que le fait de devoir passer par un homme, mon cabinet, le fait d’avoir une maîtrise complète de la décision finale. M. Pérol ou ses collaborateurs s’interrogeaient pour savoir si j’avais négocié avec des entreprises, si une autre entreprise n’était pas meilleure ou si j’avais vraiment décidé que c’était la meilleure entreprise. Je dirais que, sans pénétrer le détail, le fait qu’il y ait une maîtrise complète de la machine fait que tout rentrait dans l’ordre. Et ça a entraîné un avantage derrière, c’est que, comme je voulais plaire, moi, à toutes les entreprises, que je ne voulais pas que quelqu’un se sente mal à l’aise, j’avais mis fin à un système que les grandes entreprises ont un peu trop tendance à pratiquer quand elles sont sur des marchés captifs, à savoir le dumping pour casser les petites entreprises puis s’arranger entre grandes entreprises pour terminer le marché.

Moralité : avant que je n’arrive, seuls Bouygues, Campenon-Bernard de temps en temps, ou quelques filiales de la Générale des eaux se partageaient le marché. Avec mon arrivée, aussi bien dans le neuf que dans la Palulos, puis, deux ou trois ans plus tard, quand je prends l’entretien en main, […] on va avoir un étalement entre toutes les entreprises et marchés. Donc plus de dumping, des prix plus corrects, beaucoup moins de contestation, ce qui permet à Pérol de refuser toute possibilité de paiement de travaux supplémentaires non prévus, puisque l’on rentre dans des marchés beaucoup plus organisés ; ce qui permet aussi aux petits de commencer à dire : « Alléluia ! On a une organisation dans Paris.» [.] Premier effet : non seulement les entreprises sont heureuses de payer, mais elles ont un effet positif dans leur travail.

Ça va entraîner un deuxième élément, c’est que l’équilibrage entre les entreprises [va] permettre de créer des emplois, et, en 1985, dans Paris intra-muros, on va avoir un effet hyperpositif sur le corps du bâtiment et du logement. 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991 : tout ceci va se poursuivre d’une manière efficace et correcte. On va commencer à avoir des problèmes en 1991. Je serai l’objet, là, des premières enquêtes et des premières difficultés sur plainte, et là, c’est le premier élément que je vous demande d’enregistrer très clairement dans votre esprit, sur plainte, je dirais, plus ou moins anonyme, d’un membre du cabinet de M Juppé. A la même époque, d’ailleurs, « Le Canard enchaîné » «  »se fait fort de raconter que, au cabinet de Juppé, on se met à râler de la mainmise de Jean-Claude Méry sur l’OPAC de la Ville de Paris. « Le Canard enchaîné » va faire une série de cinq ou six articles me concernant à cette époque-là. Mais passons là-dessus. Le fait d’avoir cette maîtrise nous amène à autre chose, c’est que Pérol commence à avoir des équipes extrêmement bien organisées à l’intérieur de l’OPAC.

Il a remis de l’ordre dans la maîtrise des locations et des gestions, il a nettoyé ce que l’on appelait « la poubelle ». Je m’explique : à chaque fois qu’un promoteur privé voulait faire une opération, avant, on dégageait les gens qui occupaient les immeubles occupés et on les envoyait à l’OPAC pour les loger, contraints et forcés, dans tous les immeubles, sans faire attention à leur possibilité de remboursement ou pas. Bon, on met de l’ordre dans la machine. L’OPAC se trouve avec des moyens supplémentaires, peut donc réinvestir, et augmente sa quantité d’opérations, ce qui fait que non seulement nous avons un effet positif pour les entreprises, non seulement nous faisons des rentrées de fonds importantes pour le parti, mais nous avons en plus une augmentation des opérations dans Paris. Que demande le peuple ? Rien de plus.

Pour vous montrer comment on maîtrise les marchés, je vais vous parler peut-être, si vous voulez, maintenant, de ce que quelques grands groupes ont eu comme marchés, comment ceci s’est chiffré derrière et je vais vous parler de la Compagnie générale des eaux, de la Lyonnaise des eaux, puis ensuite de différentes petites entreprises.

[…] Ce que je vais dire pour la Compagnie générale des eaux est valable également pour la Lyonnaise des eaux, puisque les opérations, généralement, vont se faire à 50/50 entre les deux grands groupes. C’est un peu ma fierté d’avoir forcé ces deux grands groupes à systématiquement s’associer à parité égale dans toutes les opérations Paris intra-muros. Quand les lycées en région Ile-de-France sont apparus il y en avait à Paris, il y en avait en région, Michel Giraud m’avait demandé de me pencher sur le problème, en disant que c’était le souhait de quelques amis de la Générale des eaux et de la Lyonnaise des eaux que je fasse sur les lycées ce que je faisais, en général, pour la construction, ou pour la réhabilitation, ou pour l’entretien à l’OPAC.

Je dirais que, après plus d’un an et demi de bagarres […], nous avons fini par arriver à une répartition des lycées entre les deux grands groupes et leurs filiales, de manière à ne pas laisser apparaître que deux noms. Je les ai contraints à me verser un total, sur cette opération, de 10 millions de francs, que j’ai répartis moi-même, à raison de 5 millions de francs pour le RPR et vous allez voir que ces 5 millions de francs ont une importance terrible, je vous dirai comment dans quelques secondes ; 1 million de francs pour le Parti communiste ; 3,5 millions de francs pour le PS ; le solde étant des commissions versées à gauche et à droite pour faire que le travail soit correct. Je suis arrivé à la maîtrise de ce marché complet parce que j’ai fait nommer un cabinet d’études, qui s’appelle le CET-Ingénierie, dirigé par Christian Curtet (mis en examen dans mon affaire) et qui, sur mes ordres, a revu et recorrigé toutes les estimations pour que les choses soient d’une rectitude absolue une rectitude favorable.

Les 5 millions de francs, je vais les donner à M. Monate, de la main à la main, et si vous vous rappelez, il y a eu un certain article dans « L’Express », que je n’ai jamais relevé, que je n’ai jamais contesté, mais qui, nom de Dieu, est d’une vérité absolue, car effectivement, M. Monate a bien quitté mon bureau, mais non pas avec 5 millions de francs, contrairement à ce que disait « l’Express », mais avec 3,5 millions seulement en liquide. Et je les ai donnés à Gérard Monate à la suite d’une transaction […] Cette transaction […] m’a surtout permis une chose, c’est la non-opposition de M. Mitterrand à la nomination de M. Roussin au grade de préfet. C’est un exemple. Les communistes, eux, j’en parlerai peu, parce que je crois que systématiquement, quand il s’est agi de nous rendre des services en sens inverse, ils l’ont fait. Ils ont été très corrects. Comment la répartition s’est faite ensuite au sein de la « maison » avec l’UDF, qui voulait sa quote-part, j’en sais rien. A l’époque, je n’étais pas chargé de m’occuper de l’UDF […].

En dehors de la chauffe des lycées, je vais vous parler de la chauffe des HLM [.]. Ça, c’était une opération beaucoup plus complexe. Un beau matin, M. Pérol pique une colère, car il considère, à juste titre et je le dis franchement, nous sommes dans une bande où je suis pour dire la vérité, donc je ne vais pas aller vous raconter n’importe quoi, Pérol pique une colère devant le peu de qualité de l’entretien des chaufferies de l’OPAC, devant la foultitude de problèmes qu’il reçoit à longueur de journée par les plaintes. Vous savez que nous sommes dans le cas d’une législation qui nous impose 19 degrés en permanence, alors que nous [.] n’avons pas de contrôle, les fournitures sont difficiles. Pérol décide de réorganiser une bonne partie de ces systèmes de chauffe. Attention : les contrats vont représenter une moyenne de l’ordre de 1­milliard 200 millions par entreprise ou 1 milliard de francs par entreprise ! C’est du 70 à 120 millions par an pendant douze ans. Pas des petits marchés. C’est des marchés P1, P2, P3, c’est-à-dire entretien, fournitures, exploitation, etc.

Là, pour vous montrer le rôle joué par votre serviteur, apparaît sur le marché des demandes une entreprise que je ne connais pas, qui s’appelle Tecni. Que je ne connais pas ; je n’ai pas dit qu’elle n’était pas connue. Alors que je n’ai aucune relation autre que purement amicale et je dirais, fraternelle, car nous appartenons à la même association philosophique avec cet homme, M. Jean-Pierre Quéré, pour la première fois, secrétaire-général adjoint de la Ville de Paris, me convoque dans ses bureaux, assez sèchement. Et je m’entends signifier que je me dois de recevoir Tecni dans la seconde, que je ne suis pas le maître de Paris. Enfin, je m’en entends mettre plein la tête, et je finis par comprendre, après ce cinéma, dans la conversation plus amicale, qu’en fait, Pasqua est intervenu très violemment auprès de Chirac parce que je refusais de recevoir Tecni. J’ose alors faire face directement, la fois d’après 48 heures, 72 heures après à M. Antona, patron de Tecni. Là, l’explication de texte va être différente. Je vais expliquer à Antona que ce genre de menaces, il peut aller se faire foutre ! Qu’il a tous les marchés de Suresnes, que moi je ne suis pas allé l’emmerder sur les marchés de Suresnes, alors qu’il ne vienne pas m’emmerder sur les marchés de Paris. Et que s’il veut vraiment me parler […], qu’ il me dise combien les marchés de Suresnes lui rapportent à lui. Il y a un vocabulaire, si vous voulez, de négociation.

Très vite, Antona m’explique qu’il est là pour « supporter » M. Pasqua […], qu’on peut bien lui rendre service. Et effectivement, d’un ton d’agressivité, nous passons à un ton de relation. Vous verrez que plus tard, ça se paye, puisqu’on va retrouver un problème avec ma secrétaire, qui a été effectivement payée par Tecni pendant neuf ans, qui, ne voulant pas payer de commissions en direct, a préféré embaucher ma secrétaire. Bon, vous voyez que nos relations vont devenir beaucoup plus étroites et beaucoup plus amicales. Mais par contre, Tecni ayant sa quote-part du marché des HLM et devenant filiale de la Compagnie générale des eaux, va payer plus d’un million de francs en liquide. C’est la Compagnie générale des eaux qui, au titre de sa Compagnie générale de chauffe filiale directe, elle, va payer, comme les autres, la quote-part des 5 millions de francs ou 6 millions de francs que nous avons versés directement. Au RPR ? Non. A M. Chirac. Et je m’explique.

M.­Chirac était alors premier ministre. Je reçois la somme d’argent directement. En fait, pourquoi les choses se sont passées comme ça ? C’est parce que, à un moment donné, un collaborateur comme c’est un homme qui m’a toujours été fidèle, je ne citerai pas son nom, un collaborateur de la Lyonnaise des eaux me faisait part des difficultés que M. Monod rencontrait à parler avec M. Chirac à l’époque. Je vous rappelle que M. Chirac vient de s’installer comme premier ministre de la cohabitation première cohabitation. Et nous profitons de cette opération chauffe HLM Générale des eaux Lyonnaise des eaux pour faire une opération d’encaissement de fonds assez prestigieuse. C’est-à-dire que je vais porter l’argent moi-même dans le bureau de M. Michel Roussin, chef de cabinet de M. le premier ministre. M. le premier ministre va s’asseoir en face de moi. Je ne vous donnerai pas la date exacte parce que je ne l’ai pas en tête, mais je vous donnerai un point de repère, pour ceux qui, un jour, si malheur est, doivent lire cette bande, c’est le jour du décès du père de M. Georges Pérol [5 octobre 1986], puisque nous en avons parlé avec M. Chirac pendant un petit quart d’heure, après avoir parlé de qui avait donné l’argent, pourquoi l’argent avait été donné, ce que nous avions fait, des textes juridiques que j’avais préparés avec mon équipe de la concurrence du RPR sur l’habitat pour lui, m’être entendu féliciter par M. Chirac parce que je savais gagner de l’argent, mais je savais aussi préparer des textes juridiques. On parle du décès du père de Georges Pérol pendant un petit quart d’heure, puisque notre amitié pour l’homme nous permettait d’avoir ce moment de détente, si vous voulez.

Ce jour-là, j’ai remis les 5 millions de francs en argent liquide directement sur le bureau de M. Roussin, en présence de M. Chirac.

C’est pour vous montrer, là encore, comment ce genre d’opération a été gérée. Mais là, ce n’est pas encore les plus gros coups. Les plus gros coups vont arriver quelque temps après. »

Who’s who

Henri Antona : maire (RPR) de Coti-Chiavari (Corse-du-Sud), mis enexamen, pour « abus de biens sociaux » , par le juge Halphen le 19 janvier 1995, enqualité de PDG de la société Tecni, une filiale de la Générale des eaux (rebaptiséedepuis Vivendi) spécialisée dans le chauffage collectif.

Louise-Yvonne Casetta : directrice administrative du RPR jusqu’en 1996, comparaît depuis le 6 septembre devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour « trafic d’influence » et « recel d’abus de biens sociaux » dans le cadre d’un procès sur le financement occulte du RPR.

François Ciolina : ancien directeur général adjoint de l’office HLM de la Ville de Paris, mis en examen par le juge Halphen pour « trafic d’influence » en juin 1995.

Michel Giraud : ministre (RPR) du travail, de l’emploiet de la formation professionnelle du gouvernement Balladur (1993-1995), Michel Giraud aété président du Conseil régional d’Ile-de-France de 1976 à 1988 et de 1992 à1998) . Il est aujourd’hui député de la 6e circonscription du Val-de-Marne.

Jean-Claude Méry : Ancien membre du comité central du RPR, il a été au coeur du trafic des marchés publics. Mis en examen dans l’affaire des fausses factures de l’office des HLM de Paris en septembre 1994, il meurt d’un cancer en 1999 sans avoir parlé au juge Halphen. En septembre 2000, la publication par Le Monde de sa confession posthume enregistrée en 1995 met clairement en cause le président de la République et relance les enquêtes sur les HLM et les Lycées d’Ile-de-France.
Gérard Monate : ancien PDG d’Urbatechnic, un bureau d’études,condamné à plusieurs reprises pour « trafic d’influence » dans le cadre d’affaires relatives au financement occulte du parti socialiste.

Robert Pandraud : directeur de cabinet du maire de Paris (1983-1986), ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur (1986-1988), président du groupe RPR au conseil régional depuis 1992, mis en examen en 1995 par le juge Halphen.

Georges Pérol : maire (RPR) de Meymac (Corrèze) depuis 1977,directeur général de l’OPAC, l’office HLM de la Ville de Paris, de 1982 à1993.

Bernard Pons : ancien secrétaire général du RPR (de 1979 à1984), député (depuis 1981) et conseiller de Paris (depuis 1983).

Michel Roussin : préfet, chef de cabinet du maire deParis (1984-1986), chef de cabinet du premier ministre (1986), député (RPR) de Paris de1991 à 1993, ministre de la coopération (1993-1994).

Raymond Roux : ancien directeur général de la société Cofreth, filiale de la Lyonnaise des eaux, mis en examen en février 1995 par le juge Halphen pour « trafic d’influence ».

Nicolas Sarkozy : ministre du budget et porte-parole du gouvernement Balladur (1993-1995), membre du comité central du RPR depuis 1977, secrétaire général du RPR en 1998.

Jean Tiberi : président du conseil d’administration de l’OPACdepuis 1983, maire de Paris depuis 1995.

Glossaire

METP: la procédure dite des marchés d’entreprises de travaux publics permet à une collectivité (ville, département, région) de déléguer la conduite de travaux «lourds» à une entreprise privée qui s’engage notamment à préfinancer l’opération. L’entreprise, remboursée ensuite en annuités, se voit par ailleurs accorder un contrat d’entretien de dix ans. Cette formule a été inventée par Jean-Pierre Fourcade, alors vice-président (UDF) du conseil régional d’Ile-de-France à la fin des années 80, lorsque la région, suite à des lois de décentralisation, a dû rénover dans l’urgence plus de trois cents lycées.

OPAC : l’Office public d’aménagement et de construction gère la plupart des logements sociaux de la Ville de Paris. Soit un parc de 96000 logements, réservés aux plus démunis, dans la capitale mais aussi en banlieue parisienne.

Palulos : ces primes aux logements à usage locatif et à occupation sociale sont destinées à financer les opérations de réhabilitation du parc ancien. Il s’agit de crédits financés par l’Etat, les régions et les villes concernées.

SAR : la Société d’application et de revêtements, une entreprise de peinture du Val-de-Marne, est à l’origine de l’affaire des HLM de Paris. Son patron, Francis Poullain, mis en examen par le juge Halphen le 4 août 1994, avait versé près de 2 millions de francs à Jean-Claude Méry pour obtenir plusieurs marchés de la Ville de Paris.

Abracadabrantesque : le qualificatif ébouriffant utilisé par le président Jacques Chirac jeudi soir à propos de l’affaire Méry a été forgé non par lui-même, mais par Arthur Rimbaud. L’homme aux semelles de vent a introduit cet adjectif en 1871, dans une lettre à son professeur de rhétorique Georges Izambard, à qui il adresse le poème « Le coeur supplicié » (« Mon coeur triste bave à la poupe »…). Abracadabrantesque apparaît à la deuxième strophe :

« O flots abracadabrantesques,
Prenez mon coeur, qu’il soit sauvé :
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé » !

 

Chronologie des événements

Le juge d’instruction Eric Halphen a mis en examen, jeudi 6 octobre 2000, pour abus de biens sociaux et infraction à la législation sur la facturation, Jean-Pierre Combot et Bernard Colombet, respectivement PDG et ancien directeur général d’une filiale du groupe Bouygues, la société Dragage et travaux publics (DTP). Le magistrat, qui enquête sur un réseau de fausses factures dans la région parisienne (le Monde du 1 octobre), soupçonne cette entreprise d’avoir versé à deux bureaux d’études plusieurs millions de francs en contrepartie de prestations fictives. Ces sommes auraient pu être destinées à faciliter l’obtention de marchés, publics ou privés. Neuf personnes sont à présent mises en examen dans ce dossier. Les liens étroits de deux d’entre elles avec le RPR continuent d’accréditer l’hypothèse, avancée aux premiers jours de l’enquête, de la mise au jour de malversations à but politique. Hervé Gattegno
 » Le gros n’a rien dit.  » Les amis de Jean-Claude Méry ont eu beau faire passer ce message dans les heures qui ont suivi sa garde à vue, puis sa mise en examen par le juge Eric Halphen, le 29 septembre, ils n’ont pas réussi à rassurer tout le monde. Le promoteur-homme d’affaires, qui dirige une bonne quinzaine de sociétés financières ou immobilières et de bureaux d’études, à Paris et en province, n’a pour l’heure pas consenti à s’expliquer sur les quelques 19 millions de francs encaissés, en 1991 et 1992, sur la foi de factures considérées comme douteuses par le magistrat.

Mais son incarcération, venant deux mois après celle de Francis Poullain remis en liberté depuis , entrepreneur d’Alfortville (Val-de-Marne) aux sympathies gaullistes affichées, n’a fait que renforcer les tensions qui entourent cette affaire à l’intérieur du RPR et les craintes de la voir se transformer en scandale politique. Au point que le cursus même du juge d’instruction a fait frémir les conseillers du premier ministre, du maire de Paris et du ministre de l’intérieur : bien avant d’officier au tribunal de Créteil, Eric Halphen effectua son stage d’auditeur de justice à Caen, où il apprit le métier en fréquentant le cabinet d’un jeune magistrat instructeur nommé Renaud Van Ruymbeke…

Les antécédents de Jean-Claude Méry ne manquent pas non plus d’intérêt. Membre du RPR à partir de 1977, l’homme d’affaires n’a pas acquitté sa cotisation annuelle en 1978, 1979 et 1980, avant de reprendre sa carte en 1981, année présidentielle. Et s’il ne l’a pas renouvelée depuis 1984, il a néanmoins siégé, de 1987 à 1990, au comité central du parti, avant de s’en voir écarté, par le secrétaire général de l’époque, Alain Juppé, assurent plusieurs témoins. Durant la même période, Jean-Claude Méry s’est aussi présenté à de nombreux chefs d’entreprise et investisseurs divers en qualité de responsable du secteur  » entreprises  » du RPR. Ses visites à l’hôtel de ville de Paris, régulières jusqu’en 1993, ne constituent pas un secret, pas plus que ses liens d’amitié avec l’ancien directeur général de l’office HLM de la capitale, Georges Pérol. Ses relations, d’amitié ou d’affaires, avec certains membres influents de la classe politique municipale ont même valu au gros un deuxième surnom :  » Méry de Paris « …

Des marchés sur les HLM parisiens

Au juge Halphen, Francis Poullain a ainsi donné un exemple de l’influence qu’exerçait Jean-Claude Méry. Avant de le rencontrer, l’entrepreneur d’Alfortville ne pouvait pas travailler avec les HLM parisiens. Après qu’un ami commun eut fait les présentations et qu’une convention d' » assistance commerciale  » fut passée entre eux, les commandes sont arrivées. Au cours d’une perquisition, le 29 septembre, dans ses bureaux du quai des Grands-Augustins, les policiers ont saisi, outre les agendas personnels de M. Méry, un épais dossier sur le marché de l’entretien des ascenseurs pour l’ensemble des HLM parisiens, dont la Générale des eaux et la Lyonnaise des eaux, pour une fois associées, ont obtenu l’attribution.

En 1992, c’est pourtant des Pyrénées-Orientales que lui viennent ses premiers ennuis sérieux. Le fisc s’intéresse alors aux comptes d’une vaste opération immobilière que Jean-Claude Méry s’efforce de monter à Paulilles, sur la commune de Port-Vendres : la construction, sur un site protégé, d’un port de plaisance de 9 hectares, créateur selon lui de 600 emplois, et qu’il a, en toute mégalomanie, baptisé  » Port-Méry « .

Un ancien garde du corps d’André Malraux

Le promoteur n’obtiendra pas les autorisations de déclassement nécessaires et la direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) contestera à cette occasion la réalité de plus de 50 millions de francs de factures émises par ses sociétés, dont la Société d’études et de participation générale (SEPG), désormais visée par le juge Halphen. Selon le Canard enchaîné du 21 septembre, le fisc aurait à l’époque transmis ces éléments au parquet de Perpignan, sans qu’aucune poursuite judiciaire ne soit jamais entamée.

Au début de cette année, la direction générale des impôts (DGI) revient à la charge. Le nom de M. Méry est une nouvelle fois cité dans un rapport, transmis au parquet de Créteil le 20 janvier, en compagnie de plusieurs autres dirigeants de bureaux d’études : Hubert Lopez et Eric Barbero, fondateurs d’une société de placements monégasque, la Générale d’études et d’investissement (GEI), et Jacky Chaisaz, ingénieur-conseil reconverti en  » apporteur d’affaires « . Tous sont suspectés d’avoir adressé des factures  » vraisemblablement fictives  » aux sociétés de Francis Poullain (le Monde du 1 octobre). C’est à partir de la dénonciation de ces faits que le juge Halphen se lancera, dès le mois de février, sur la piste des millions  » baladeurs  » du Val-de-Marne, ce qui le conduira à mettre en examen et à ordonner le placement en détention de M. Poullain lui-même, le 4 août, sans égard particulier pour son passé de policier.

Ancien moniteur de tir de la police, Francis Poullain fut en effet gardien de la paix, bien avant de se lancer dans la rénovation d’immeubles, vocation nouvelle qui lui fut inspirée par l’adoption de la loi Malraux, en 1962, alors qu’il était justement le garde du corps du ministre des affaires culturelles du général de Gaulle. Au début des années 70, il crée la Société d’application et de revêtements (SAR) qui, des années plus tard, deviendra l’un des partenaires les plus réguliers de l’office d’HLM du département des Hauts-de-Seine, lorsque celui-ci était présidé par le conseiller général (RPR) de Clichy, Didier Schuller. La SAR avait dans le même temps pris l’habitude d’acheter de pleines pages de publicité dans le journal électoral de M. Schuller, le Clichois, au tarif de 100 800 francs la page. En retour, Francis Poullain compta parmi les habitués de la chasse Saint-Hubert, en Alsace, que fréquenta avant eux l’empereur Guillaume II, et dont Didier Schuller détient la concession. Mais cela, c’était avant que le fisc, puis la justice s’intéressent aux affaires de M. Poullain.

C’est en effectuant des recherches sur un autre bureau d’études, la Seatib, que les enquêteurs des impôts sont tombés sur la SAR. Dirigée par un énigmatique colonel en retraite, Jean-Pierre Soiseau, la Seatib semblait s’être fait une spécialité de surgir sur des chantiers nouvellement attribués et d’exiger le paiement d’une commission, d’un montant de deux à trois pour cent du marché. Sans le nommer, un petit patron a évoqué, à propos de Soiseau,  » un oiseau de nuit [qu’il] ne souhaitait pas rencontrer plus que nécessaire « , avant d’ajouter que  » cet oiseau de nuit n’avait pas besoin de compétences techniques, un peu de culot, c’est tout.  »

Au culot, donc, la Seatib, dont le siège véritable était à Abidjan, en Côte- d’Ivoire, mais qui possédait une domiciliation à Clamart, percevait d’importantes sommes par chèques, immédiatement versées sur un compte bancaire parisien et converties en liquide. Nul ne sait ensuite où passait l’argent. Soiseau est décédé le 5 décembre 1993 d’un cancer, dans un hôpital de la région parisienne, laissant flotter derrière lui un parfum de  » barbouzerie « . Ancien colonel, ami personnel du président Houphouet-Boigny, Soiseau avait fait l’acquisition d’une plantation de bananes en Côte-d’Ivoire. C’est là, au cours du mois de mai, dans son bureau de la résidence des Elfes à Abidjan, que les policiers du 8 cabinet de délégations judiciaires, porteurs d’une commission rogatoire internationale du juge Halphen, ont ouvert ses tiroirs, saisi des carnets et quelques documents.

Outre la Seatib, dûment immatriculée au registre du commerce ivoirien, et la bananeraie, Jean-Pierre Soiseau représentait en Côte-d’Ivoire la SIG, une société d’armement suisse, et dirigeait un second bureau d’études, Appli-Data. Au cours du mois de juillet, le juge Halphen a eu la surprise de recevoir le dossier d’un de ses collègues parisiens, Patrick Fievet, chargé d’une information judiciaire pour  » faux et usage de faux, escroquerie, abus de biens sociaux « , ouverte le 29 novembre 1993 après une plainte des services fiscaux. La réputation de la Seatib n’était au demeurant pas plus claire : toujours en 1993, une autre plainte fiscale avait déjà entraîné l’ouverture, par le parquet de Nanterre, d’une enquête préliminaire sur les activités de la société.

Perquisition au ministère de la coopération

Découverte par les policiers dans son bureau ivoirien, une lettre adressée par Soiseau à Philippe Jehanne, conseiller du ministre de la coopération, Michel Roussin, montre que l’homme d’affaires a tenté d’user de ses relations pour enrayer le cours de cette procédure. Daté du 19 juillet 1993 et curieusement signé  » Patrice « , le courrier, qui fait explicitement référence à des amitiés franc-maçonnes, indique que plusieurs personnalités avaient été informées du dossier, dont l’actuel préfet de police de Paris, Philippe Massoni, et l’ancien directeur de la logistique de la police nationale, Jean-Michel Roulet, qui auraient  » admis pouvoir intervenir, en principe, si la demande émanait du Patron « .

Sollicité par le Monde, M. Massoni nous a fait répondre qu’il n’avait  » jamais rencontré M. Soiseau, ni eu connaissance de cette affaire autrement que par la presse « . M. Roulet a affirmé, quant à lui, n’avoir  » jamais été saisi d’aucune demande d’intervention « , supposant que l’auteur de cette lettre  » avait pu penser que les noms cités pourraient impressionner « . Ni l’un ni l’autre ne savent en tout cas qui pourrrait être le  » Patron  » évoqué dans la lettre.

Le 17 juin, le juge Halphen a bien tenté d’en savoir davantage, en perquisitionnant discrètement dans le bureau de Philippe Jehanne, au ministère de la coopération, et en questionnant ce dernier, mais il semble n’avoir réussi qu’à provoquer une petite panique, puis à renforcer les craintes des états-majors chiraquiens et balladuriens de voir l’affaire dégénérer en nouveau scandale politique. Ancien officier des services secrets, chargé au cabinet de Michel Roussin des relations avec la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), M. Jehanne a confirmé que l’auteur de ce courrier était bien Jean-Pierre Soiseau, qu’il connaissait bien sous le nom de  » Patrice  » et qu’il n’avait vu  » qu’une seule fois dans [sa] vie « . Certifiant qu’il ignorait tout le reste, M. Jehanne a avancé l’hypothèse selon laquelle le fameux  » Patron  » pourrait être l’actuel président ivoirien, Konan Bedié, précisant que  » beaucoup de chefs d’Etat africains sont francs-maçons « .

Quel qu’en soit l’initiateur, l’intervention sur le cours de ce dossier pourrait en tout cas avoir été effective, pour ne pas dire efficace. Convoqué par la police judiciaire via le commissariat de Nogent-sur-Marne , le 16 septembre 1993, Jean-Pierre Soiseau était passé outre et n’avait pas été reconvoqué par la suite. Il ne fut en définitive cité à comparaître devant le tribunal correctionnel que dans les derniers jours de l’année 1993, soit quinze jours après sa mort…

Dix mois plus tard, les enquêtes sur la Seatib et Appli-Data ont connu un nouveau développement avec la mise en examen, jeudi 6 octobre, de Jean-Pierre Combot et Bernard Colombet, respectivement PDG et ancien directeur général de Dragage et travaux publics (DTP), filiale du groupe Bouygues. Le juge Halphen les soupçonne d’avoir honoré une série de fausses factures d' » assistance commerciale  » émises par les deux bureaux d’études de l’ex-colonel Soiseau, lors de l’attribution de marchés publics de terrassement dans la région parisienne. Ils ont contesté, jeudi, l’illégalité des opérations concernées, cantonnant encore, pour l’heure, le dossier du juge Halphen à une classique affaire de fausses factures : si les malversations n’ont pas eu lieu, pourquoi en chercher les bénéficiaires ?

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