L’Etat (français, bien sûr)

Pour cette année 2015, l’Etat a eu notre préférence. L’Etat, c’est pas moi et c’est tant mieux.

Un des sommets de la connerie étatique aurait dû s’étaler au grand jour lors du procès Xynthia, qui a eu lieu en décembre 2015 à Poitiers (jugement en appel rendu le 4 avril prochain). Lors de ce procès, le juge n’a pas voulu mettre en cause la responsabilité de l’Etat dans la délivrance des permis de construire en zone inondable par des élus véreux.

Pourtant l’acte est signé du maire mais contrôlé par… le Préfet, représentant de l’Etat dans le département. Il faudrait enfin admettre que les Préfets ne contrôlent plus, même a posteriori,  les actes pris par les collectivités locales et les établissements publics dans leurs départements. Le service du contrôle de légalité a fondu sous la compression des effectifs (RGPP) et les actes à contrôler par ce service sont depuis plusieurs années tirés au sort.

Prefecture_La_Rochelle

Vous avez bien lu : l’Etat fait du contrôle de légalité par sondage ! Alors si les Préfets se contentent de regarder passer les trains, le Conotron propose d’éliminer les Préfets (par forcément en les jetant sous lesdits trains, mais on pourrait essayer…). Et de laisser ainsi nos chers élus locaux totalement libres de faire ce qu’ils veulent. On avait déjà compris avec le scandale Méry de Paris que la décentralisation (loi Defferre de 1982, loi constitutionnelle du 28 mars 2003)  avait donné tout pouvoir de déconner aux élus locaux, y compris parisiens. Y’a pas de raison que l’Etat les empêche de détourner en rond.

Puisque cette connerie étatique n’a pas été montée en mayonnaise par les médias institutionnels (Xynthia, 27 / 28 février 2010, 29 morts rien qu’à La Faute sur mer) le Conotron le clame bien fort : « L’Etat est un con. Et nous prend pour des…  » Oui, je sais c’est un peu fatigant, toute cette répétition. Mais le névrosé, ce n’est pas moi. C’est plutôt cette personne morale de droit public, comme on dit dans les bons manuels. Celle à laquelle personne à jamais serré la main, paraît-il. Elle jouit en fait comme d’une impunité collective. Elle cultive son irresponsabilité comme d’autres les géraniums. Coupable de tout, jamais responsable de rien.

Il y a quelque chose qui pourrit au royaume de France et ça commence à sentir le rat crevé dans les bureaux de son administration.