Le sens des mots

Je ne dis plus…

… shoah : mais je dis le « génocide des Juifs »  ou l' »extermination des Juifs » par le nazisme. Je ne remets pas en cause l’événement historique. Je l’affirme haut e fort comme un événement historique mémorable et tangible. En disant « shoah » tout au contraire, celui qui parle en fait un événement religieux. Car le terme signifie en hébreu  « sacrifice ». Il renvoie à la littérature biblique, notamment au Livre de Job. En plaçant un événement historique sur un plan religieux, par le simple emploi d’un mot, celui qui parle situe l’événement dans le plan de la croyance. 6 millions de morts ne relève pas de la croyance mais bien du fait historique irréfutable.

En réalité, l’utilisation du terme « shoah » relève surtout d’une victimisation abusive mais sans cesse revendiquée : le « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard) des nazis visaient aussi les homosexuels, les communistes et les Tziganes. Si l’on rapporte en proportion les morts et les disparus tziganes à leur population totale, et que l’on compare ces pertes à celles des Juifs, sans doute arriverait-on à la même catastrophe d’extermination.

… terroriste : mais tout simplement « combattant » ou « moujahidin ». Car en matière de terrorisme, c’est comme en matière de connerie. Il semblerait que tout le monde soit le terroriste d’un autre. Les attentats sont des actes de guerre. Les kamikazes des « missiles du pauvre ». Certains combattants ne méritent pas le qualificatif de terroriste. Notamment ceux qui veulent chasser l’impie d’un territoire qu’il considère sacré, lequel y a installé des bases aériennes, bien pratiques pour contrôler l’extraction et le trafic de sa principale ressource énergétique.

Le terrorisme est toujours la réponse du faible au fort. Les FTP-MOI en France en 1942 étaient qualifiés de terroristes par l’occupant nazi. Les Palestiniens sont aujourd’hui qualifiés de terroristes par l’occupant israélien.

… nettoyage : j’ai entendu sur une chaîne de télévision française  une journaliste qui parlait de « nettoyage » à propos de l’offensive américaine sur Tora-Bora (Afghanistan). Je n’emploie plus ce mot depuis que je suis allé en Bosnie: ses montagnes, ses rivières, ses petits villages. Tous nettoyés.

Je lui préfère « bombardement » ou « affrontement ». Ca fait  moins image. Il ne s’agit pas de travaux de ménage, mais bien de la guerre et d’opérations militaires.

… équitable (commerce):  Ou « commerce éthique » ou « fonds éthique ». Tout ceci ne fait que cacher la merde au chat. Et s’illusionner soi-même. Car s’il y a un commerce équitable, c’est que par définition le commerce ne l’est pas. Et s’il ne l’est pas, pourquoi commencer à rendre le commerce du café un peu plus juste. Pourquoi ne pas commencer plutôt par le pétrole ?

Il y a bien d’autres mots que je n’emploie plus qu’entre cot-cot et qui sont dans le Diconotron pour la plupart…