« Tel prince, telle religion ». En reconnaissant à chaque peuple, sur son territoire et sous une autorité politique propre, le droit d’exercer la religion qui est la sienne, le traité de Wesphalie, le 24 octobre 1648, assura la paix entre Etats européens engagés depuis trente ans dans une guerre civile entre catholiques teutons et protestants chleus. Et c’est ainsi que naquit le principe de souveraineté des Etats.
A quoi s’opposait cette notion nouvelle ? A l’universalisme, c’est-à-dire à la volonté de régner sur tous les peuples de tout le globe, qui était l’argument du pape en tant que chef spirituel de la chrétienté, mais aussi de l’empereur du saint empire romain germanique, en tant que successeur de César.

Cependant un Etat peut, s’il le souhaite et de manière volontaire par la voix de son représentant, limiter sa souveraineté en signant un traité. Aucun autre Etat (je sais, c’est très hypocrite, mais c’est du droit !) ne peut le contraindre à signer un traité qui limiterait sa souveraineté contre sa propre volonté. La souveraineté s’exerce de manière absolue et éclairée.
Aujourd’hui, au Moyen Orient, un petit Etat « arrogant et sûr de lui » (la formule n’est pas du Conotron, mais du Grand Charlie aka général De Gaulle) veut empêcher un de ses voisins de développer la technologie nucléaire. Evidemment ce voisin est à peu près aussi con, arrogant et dominateur que le premier – et bien plus peuplé : 90 millions contre 9,7 millions. Evidemment aussi, un affrontement entre les deux serait (est) une catastrophe, qui peut déraper et entraîner le monde entier dans un affrontement élargi pour cause de pétrole.
Incidemment, il n’y a pas de différence entre maîtriser la technologie nucléaire pour l’appliquer à des fins civiles, par exemple une centrale électrique, et l’appliquer à des fins militaires, comme de construire une bombe. Seuls des diplomates (tous juristes, donc tous hypocrites !) prétendent pouvoir autoriser la première option et interdire la seconde.
Le petit Etat « arrogant et sûr de lui » a déjà bombardé deux autres de ses voisins qui voulaient se doter d’une bombe atomique : Osirak en juin 1981 et le Cube-Al-Kibar en Syrie en 2007. Ces deux projets n’ont ensuite jamais été repris, ni menés à terme.
Tandis que ce même petit Etat dispose, quant à lui, de la technologie nucléaire depuis plus de 60 ans. Grâce au dernier gouvernement de la quatrième république de la France (l’oublié Bourgès-Manoury) et à un attaché militaire à Paris qui avait une gueule bien sympathique (Shimon Pérès). Cet Etat a eu tout le temps de développer les têtes de missiles et les missiles eux-mêmes. C’est un secret de Polichinelle depuis longtemps parce que la centrale de Dimona apparaît même sur Google Maps.

Si le petit Etat s’est doté de l’arme nucléaire et ne l’utilise pas, c’est pour pouvoir annihiler en tout dernier recours tout pays ennemi qui l’aurait envahi. Et aussi parce que ce petit Etat connaît trop bien son illégitimité. C’est aussi pourquoi il est foncièrement paranoïaque, et ne peut être ami qu’avec lui-même. Et encore, en faisant bien attention que son ombre ne lui saute pas à la gorge.
Mon interrogation est la suivante : au nom de quoi interdire à un Etat de se doter d’une arme, même un peu particulière, mais dont on dispose soi-même ?
Acquisition qui ne ferait que rétablir une évidente parité entre les acteurs, même les plus cons qui soient… Si un Etat veut faire partie du club de ceux qui possèdent l’arme nucléaire, eh bien qu’il prenne sa carte de membre ! Oublié le traité de non prolifération nucléaire que le petit Etat « arrogant et sûr de lui » n’a jamais voulu ratifier.
Au total donc – désolé les cons ! – mais je ne vois vraiment pas au nom de quoi l’Iran est interdit de bombe atomique. Sauf à ce que le principe de souveraineté n’ait été aboli, et qu’il n’y ait plus que l’universalisme du Saint Empire américano-romain qui prévale. Et à ce que Trump n’ait remplacé, César ou Néron (mais on dirait bien que cette dernière phrase ne sonne de plus en plus juste…).
Le Conotron défend l’idée que l’Iran doit pouvoir disposer de l’arme nucléaire afin de maintenir une symétrie dans la dissuasion qui rendrait toute velléité d’attaque inopérante pour les deux adversaires selon le principe de la guerre froide, formulé par Raymond Aron dans les années 50 : guerre impossible, paix improbable.
Dans six mois, trois ou dix ans, l’Iran finira par acquérir l’arme atomique. Et si ce n’est pas lui, ce sera le Yémen, le Qatar, ou tout autre pays qui en a ras la casquette de ce petit Etat « arrogant et sûr de lui » qui fout la merde, tue et massacre au Moyen Orient depuis 77 ans.
N.B : J’espère que tout le monde a bien compris que le petit Etat dont il s’agit, c’est… la principauté de Monaco. Qu’on n’aille pas me taxer d’antisémitisme, hein !
N.B 2 : Les services de renseignements américains (24/05/2025) ont laissé fuité l’info selon laquelle toutes les centrifugeuses n’ont pas été détruites et que les bombes GBU57 américaines ont surtout servi à sceller les entrées des industries nucléaires iraniennes.
N.B 3 : Le royaume latin de Jérusalem, l’ancêtre de l’Israël moderne, dura de 1092 à 1291, soit 199 ans (presque deux siècles) de présence, comme un coin planté au cœur de l’océan arabo-musulman (arabo ? musulman!). Encore 122 ans pour qu’Israël batte le record de longévité de la présence occidentale en Orient du milieu. Tiendront-ils aussi longtemps ? Le jusqu’au-boutisme d’Israël, comme de vouloir reconstruire le temple de Salomon à l’emplacement d’Al Aqsa (lieu saint pour tous les Musulmans), les conduira à leur perte. Dans quelques décennies, les Juifs chanteront à nouveau à New York ou Londres, après avoir tout perdu une fois de plus : « l’année prochaine à Jérusalem… » L’Histoire ne se répète pas, elle bredouille.